Un journal d’élu.e.s pour rendre compte de notre action

Distribution militante du journal devant une école limougeaude

Distribution militante du journal devant une école limougeaude

Il y a maintenant un an et demi que nous avons été élu.e.s au Conseil Municipal de Limoges…

Un des axes forts de notre programme municipal est de favoriser la démocratie participative et redonner un véritable pouvoir de décision aux citoyens. Ce qui suppose au minimum de les informer de notre action, de leur rendre régulièrement des comptes sur l’exercice de notre mandat.

C’est ce que nous faisons notamment avec la réalisation d’un journal d’élu.e.s. Nous sommes heureux de présenter le premier numéro d’une série que nous espérons la plus régulière possible.

Nous irons à la rencontre des limougeauds et des limougeaudes en distribuanrt ce journal sur les marchés de la ville, devant les bibliothèques, à la sortie des écoles…

 

 

Au sommaire :journal
  • Edito : « Haro sur le social ! »
  • Une démocratie au rabais.
  • Les caisses ne sont pas vides !
  • Sécurité : qui doit avoir peur de quoi ?
  • Transports : mauvaise direction.
  • Beaubreuil : quartier populaire ignoré et abandonné.
  • Le social : un choix politique, pas budgétaire.
  • Réforme des rythmes scolaires : la gratuité mise à mal
  • Nous voulons garder Saint-Trojan ! (accompagné du quizz : Saint Trojan, vrai ou faux ?)

 

Cliquer sur l’image pour télécharger le journal

Lombertie, la politique et les ratés de la domination symbolique !

sexistesMorceaux choisis des réponses du Maire de Limoges, le Docteur Lombertie (chef de pôle hospitalier à l’hôpital de Limoges-Esquirol)  aux questions des élues de l’opposition :

« Quels que soient vos fantasmes, vos désirs ou votre sentiment de toute puissance… »  Conseil municipal du 29 septembre 2015

« Mais vos désirs sont des ordres et si vous vouliez bien me fouetter aussi, ce serait avec plaisir » Conseil municipal du 25 juin 2015

« Alors votre souci, votre amour du L.F., je le connais, je ne le remets pas en cause et je n’ai rien contre l’amour mais là ça devient du vice » « L’amour vous fait divaguer… » Conseil municipal du 19 novembre 2014

« Mais ça vous va bien la colère » « Je suis content que nous ayons des rapprochements » Conseil municipal du 30 septembre 2014

« Vous avez un ton charmant qui vous va si bien ». Conseil municipal du 8 juillet 2014

On pourra vérifier et compléter cette liste en visionnant les séances des conseils municipaux sur le site de la mairie de Limoges.

Le plus significatif et révélateur, c’est la première réaction de défense de Mr Lombertie : « Le problème avec les hommes et les femmes politiques c’est que ce sont des politiques » dit-il. Effectivement. Et si c’était bien là le cœur de l’affaire ? Mais alors se pose une autre question: en dehors de la sphère politique ce type de propos serait-il acceptable à l’endroit des femmes ?

Dans la sphère publique et politique, entre élu.e.s, il n’y a aucune relation hiérarchique, il n’y a qu’une relation de majorité à minorité, ce qui n’a rien à voir. Serait-ce cela alors le problème ? Nous, élues d’opposition, nous pouvons, on pourrait même dire que nous devons (pour respecter le mandat donné par nos électeurs) réagir librement, en conscience à ses décisions, et éventuellement les contester. Monsieur le Maire aurait-il une difficulté à accepter que des femmes (élues) puissent contester ses décisions et ne pas dire oui à tout ce qu’il fait ? Mais la démocratie n’est-ce pas précisément cela: la confrontation argumentée sur pied d’égalité ? Objectivement, lors des séances du Conseil municipal, nous sommes dans une relation de symétrie et d’égalité de droit à l’expression et à la parole avec n’importe quel autre élu, fut-il le Maire. Le fait qu’il ait une majorité ne saurait effacer cela. Manifestement c’est ici que le bât semble blesser. En séance du Conseil municipal, ce type de domination symbolique (par l’exercice de la parole) peut tomber à plat précisément par ce que c’est un lieu d’exercice a priori non hiérarchique de la parole. Qu’il le veuille ou non, Monsieur le Maire devra appendre qu’il ne pourra nous traiter autrement que correctement, sous peine de retours de bâton cinglants.

Mais poursuivons: serait-ce alors qu’ailleurs, dans la sphère domestique ou plus encore dans la sphère professionnelle, on pourrait, quand on est un homme investi d’une autorité hiérarchique se permettre ce type de propos vis à vis de subordonnées femmes ? « S’il fallait retenir une profession où le sexisme est patent, c’est sans nul doute la formation et l’exercice de la médecine », écrivait en 2011 dans un billet au titre évocateur – Le silence du sexisme– Patrick Pelloux.

Mais pourquoi en serait-il ainsi ? « Pourquoi la médecine est-elle un secteur où dominent encore de nombreux préjugés sexistes ? Il y a là, comme pour tous les métiers fortement ségrégués en fonction du sexe, des raisons historiques… Une tradition, véritable rituel d’initiation des étudiants en médecine qui dissèquent pour la première fois, est révélatrice d’un sexisme très fortement ancré dans la profession au XIXe. La «photo de groupe» des jeunes qui découvrent le métier s’effectue alors devant un cadavre, mais pas n’importe quel cadavre. Il s’agit le plus souvent d’un cadavre de femme, ou d’une prostituée à qui on demande de faire la morte. Cette scène est d’ailleurs devenue un «classique» de la photographie pornographique, selon Vincent Barras. Pour conjurer la mort, c’est la femme qu’on tue, ou qu’on domine, comme une démonstration de la puissance de vie masculine. » remarque la journaliste Aude Loriaux.  Pour Martin Winckler, médecin et auteur, ces pratiques sexistes dans le milieu médical « sont la manifestation d’un sentiment d’appartenance à une caste, propre aux médecins français, qui pendant très longtemps venaient des milieux les plus favorisés de la société française. La société française elle-même est très féodale et très hiérarchisée et les étudiants, comme les médecins, continuent de penser qu’ils font partie des classes supérieures et reproduisent ainsi les codes de l’aristocratie. C’est parce que les médecins français, formés dans cette société, sont élitistes que leur comportement par rapport au sexe ou au corps peut être paternaliste, brutal ou méprisant. ». Il  dit bien « peut » et non pas « doit ».

Et de conclure : « Toute la société française est concernée par ces problèmes, surtout lorsqu’il s’agit de professions d’autorité. Mais ce n’est pas parce que c’est la norme qu’il ne faut pas la changer. »

On est bien d’accord… Et le plus vite sera le mieux !

Ils ont parlé de notre conférence de presse :

 

A la BFM, c’est la gratuité qui paye !

BFMJe reviendrai sous peu sur cette séance invraisemblable du Conseil, sur notre conférence de presse dénonçant les dérapages sexistes récurrents du Maire à l’égard des élues d’opposition et les réactions très révélatrices de Mr Lombertie à ce sujet. Je garde un goût très amer de la séance de mardi, bien sûr pour le scandale qui s’y est produit et le fait qu’il était évidemment impossible, en conscience, de continuer de siéger dans ces conditions… Mais du coup, une délibération très importante a été votée sans la moindre discussion démocratique, sans la moindre remarque ni opposition, alors que nous y sommes farouchement opposés: la fin de la gratuité des prêts à  la BFM pour les non limougeauds.

Voici donc le texte de l’intervention que j’aurais du faire pour expliquer notre vote contre cette délibération.

Nous sommes résolument opposés à la fin de la gratuité des prêts de la BFM pour les usagers domiciliés hors de Limoges.
Les motifs financiers que vous invoquez ne tiennent pas. Les recettes générées par les inscriptions des non limougeauds couvriront une part très faible du fonctionnement de la structure, et vous le savez fort bien. Un usager payant coûte plus cher qu’un usager gratuit. Combien la facturation aux non limougeauds va-t-elle générer de dépenses de gestion supplémentaires ? Vous vous gardez bien de répondre à cette question. Avec la gratuité, les agents de la BFM peuvent se consacrer à leur métier de diffuseurs, d’éducateurs et non à des activités de facturation et de gestion mangeuses de temps et d’argent. La gratuité donne du temps à l’essentiel !
Par contre on sait fort bien que la facturation conduira à une baisse des inscriptions. Pas besoin d’être devin pour connaître la suite. Cette baisse d’activité génèrera mécaniquement une hausse du coût par usager. Vous nous direz alors qu’il faut trouver de nouvelles recettes et donc en finir avec la gratuité aussi pour les limougeauds. D’ailleurs vous avez bien pris soin de modifier le règlement intérieur en conséquence: vous avez fait disparaître de la nouvelle rédaction toute référence à la gratuité, alors que vous auriez très bien pu garder l’ancienne formulation en précisant que la gratuité s’appliquait aux limougeauds !

L’argument financier n’est donc qu’un prétexte: votre opposition à la gratuité est fondamentalement idéologique. La gratuité est un enjeu de société: c’est le partage, la mise en commun, le meilleur moyen de lutter contre la discrimination sociale et culturelle. C’est de cela que vous ne voulez pas ! Vous nous dites qu’il serait juste de faire payer le prêt aux non limougeauds puisqu’ils ne payent pas d’impôts à la ville ! Mais allez-vous aussi bientôt leur facturer l’entrée dans nos jardins publics ? Vous assénez comme vérité d’évidence que payer ce serait respecter, et que la gratuité serait « déresponsabilisante » pour les usagers. Mais le respect d’un service n’a pas grand-chose à voir avec l’existence d’une transaction monétaire. C’est même tout le contraire que l’on constate. Notre BFM est gratuite; c’est un lieu de passage, de rencontres, d’échanges, de création. Et nulle dégradation, nulle incivilité ne sont à regretter pour autant.

A l’heure où nombre de services en ligne sont gratuits pour leurs utilisateurs, la gratuité des services des bibliothèques est essentielle pour faciliter l’usage régulier ou occasionnel de tous les types d’usagers. La gratuité est un pont entre les gens, entre les cultures. Nombre de services sont bel et bien gratuits dans notre pays, grâce aux luttes menées au fil des décennies. Ecole, santé, services administratifs… Mais ils sont peu à peu grignotés par les logiques marchandes. Alors qu’au contraire, les sphères de gratuité devraient s’étendre.

Bien sûr, tout ne peut pas être gratuit. Raison de plus pour savoir différencier ce qui doit l’être de ce qui doit être tarifé. L’eau vitale devrait être gratuite, évidemment pas l’eau pour remplir sa piscine privée ! Ce qui est nécessaire et vital pour tous doit être gratuit. De même que l’école doit être gratuite pour tous, comme devrait l’être réellement l’accès à la santé ou aux transports en commun urbains, les prêts de notre bibliothèque publique doivent rester gratuits…

Intervention prévue pour la séance du Conseil municipal du 29 septembre 2015

Question orale sur le maintien à Limoges de la DRAAF

DRAAF

Classes de découvertes: l’organisation d’une liquidation ?

Unknown-4La nouvelle organisation des classes de découverte avec nuitées que vous nous proposez, Mr le Maire signifie pas moins que la fin programmée de ces classes, au moins de celles qui permettaient un vrai brassage social.

Les classes de mer n’y existent plus ! Et pour cause… Vous prévoyez de vendre Saint-Trojan ! Nous dénonçons vigoureusement un tel projet de liquidation du patrimoine social de la ville. Cette vente serait une catastrophe pour nos enfants, notamment ceux des milieux populaires, pour qui le centre est synonyme de droit effectif aux vacances ou aux loisirs. Ils n’auront plus accès à ces temps d’émancipation et de découverte. Finies aussi donc les classes de découverte à la mer pour les enfants de toutes origines sociales, vrais moments de mixité sociale.

Quant aux classes à la montagne qu’en restera-t-il puisque la ville se désengage du financement de l’encadrement, du transport et des activités des enfants ? Quelles sont les classes qui pourront encore partir dans de telles conditions ? Seulement celles dont tous les élèves auront des familles en capacité de payer le prix fort. Jusqu’à présent, la participation des familles étaient fonction du quotient familial et ne représentait, même pour les parents les plus aisés, qu’une part réduite du coût de revient du séjour. L’organisation que vous proposez aujourd’hui va laisser à la charge de toutes familles des sommes telles que seules certaines pourront payer; si bien que dans la plupart des cas, les enseignants, dans l’incapacité d’emmener tous leurs élèves, devront renoncer purement et simplement à l’organisation de ces classes.

Décidément cette équipe municipale ne brille que par une chose: son obsession antisociale ! Il va de soi que nous voterons contre cette délibération consternante.

Intervention au Conseil municipal du 29 septembre 2015

Non à la subvention pour restaurer l’église nouvelle d’Oradour

La Fondation du patrimoine a lancé une souscription pour restaurer l’Église nouvelle d’ Oradour/Glane, reconstruite en 1952 et qui selon ce qui nous a été dit en commission des finances est propriété du diocèse. Vous proposez, Mr le Maire, que la ville participe par une subvention de 5 000 €. Nous sommes tous et toutes ici attachés à la mémoire du massacre d’ Oradour. Mais la restauration de l’église nouvelle, lieu de culte des catholiques ne nous paraît pas relever essentiellement de l’entretien de cette mémoire.
Pourquoi financer alors la restauration de cette église plutôt que celle d’Isle, du Vigen, d’Aureil… pour lesquelles la Fondation du patrimoine a aussi ouvert une souscription ? Ou pour tout autre lieu de n’importe quel autre culte ?
En ces temps où vous n’hésitez pas à pratiquer des coupes rudes dans les dépenses sociales municipales au prétexte qu’il n’y aurait pas d’argent dans les caisses, nous pensons qu’un telle subvention n’est pas prioritaire dans les dépenses municipales.
En conséquence nous voterons contre cette délibération.

Intervention au Conseil Municipal du 29 septembre 2015

Question orale sur la politique sociale de la ville en matière de transports en commun

En 2014, lors de la campagne électorale, vous aviez promis, M. le Maire, « de faciliter l’accès aux transports en commun avec la gratuité pour les étudiants et les demandeurs d’emploi ».

Il existe à Limoges un dispositif qui permet aux demandeurs d’emploi inscrits depuis cinq mois en continu auprès des services de Pôle Emploi et sans ressources, de bénéficier d’une carte de transport urbain à 0 € l’année. Or récemment, plusieurs de nos concitoyens, demandeurs d’emploi, se sont vu refuser par le CCAS le renouvellement de cette carte au delà du 30 septembre au motif que les modalités d’attribution allaient vraisemblablement changer à partir du 1er Octobre.

On comprend les fortes inquiétudes et l’incompréhension qu’éprouvent ces personnes, et notamment hélas, de nombreux jeunes sans emploi sur notre ville. La gratuité complète que vous avez promise à tous les demandeurs d’emplois et aux étudiants, reste quant à elle toujours une promesse en attente .

Nos questions sont donc les suivantes : Avez-vous prévu de faire évoluer le dispositif ? Si oui selon quelles modalités et à quelle date ? Et quand comptez vous réaliser la gratuité, pour les chômeurs et les étudiants, conformément à vos promesses électorales ?

La nausée…

UnknownJe suis absolument outrée !

Comment un élu de la République peut-il se livrer publiquement, en pleine séance du Conseil Municipal, devant les caméras qui plus est, à ça ? Faire allusion à la vie privée des élu.e.s est déjà passablement limite, mais nommer un enfant d’élu, mineur de surcroît, pour de viles considérations politicardes ! Là c’est la nausée…

Et ce Monsieur est l’élu responsable pour la mairie aux questions scolaires ? Il est chargé de l’éducation de nos enfants ?! Mais dans quelle ville vivons-nous désormais ? Méprisant totalement la différence entre vie publique et vie privée, il « flique » (quel autre mot trouver ?) sur les réseaux sociaux, dans leur vie privée, aujourd’hui les élu.e.s d’opposition et leurs enfants… et demain qui ?

Avec Gilbert, nous avons décidé de sortir, car quelles que soient toutes nos divergences politiques avec le groupe socialiste – et elles sont profondes – une limite, là, a été franchie, une limite éthique fondamentale qui tient au respect des libertés individuelles et de la vie privée de tous et toutes.

Nous avions pourtant d’autres sujets très importants à l’ordre du jour, avec notamment la délibération sur la fin de la gratuité des prêts à la BFM pour les non limougeauds. Bien sûr nous y sommes farouchement opposé.e.s, bien sûr nous aurions voté contre et j’avais préparé une intervention précise et argumentée. Je suis vraiment navrée de ne pas avoir pu exprimer notre position sur ce sujet qui nous tient tellement à cœur. (J’en publierai le texte ultérieurement)

Mais il y a des moments où, je pense, il faut savoir se faire honneur en marquant sans aucune ambiguïté possible le refus de l’ignoble.

Nous ferons une conférence de presse demain.

Beaubreuil : un bel exercice de citoyenneté…

debat radiodifHier soir, je suis allée au débat public organisé à l’espace Marcel Proust, à Beaubreuil, à l’initiative du collectif citoyen qui s’est constitué cet été lors de la mobilisation contre la fermeture de la piscine. Étaient invités le Maire de Limoges, les groupes d’opposition LTG et PS, le Préfet, le Président de l’Agglo et le Président du Conseil départemental. Bel et riche  exercice de citoyenneté, enregistré par la radio associative du quartier Beaub’FM !

Ce type d’initiative intéresse. Et pourtant… Le Plan stratégique de Limoges (soumis à la délibération du prochain Conseil municipal dans le cadre du Contrat de Ville) note, concernant la rénovation urbaine sur le quartier que « la mobilisation des habitants de Beaubreuil autour de la transformation de leur quartier a été globalement difficile ».

Certes tous les habitant.e.s du quartier ne se sont pas précipités hier soir au débat; nombreux sont ceux qui pensent encore, pas toujours à tort reconnaissons-le,  « Ca ne sert à rien, on ne nous écoute pas« . Là est d’ailleurs peut-être la clé du désintérêt supposé des citoyens pour les affaires qui les concernent. Le même Plan stratégique de la ville relève en effet que « le PRU n’a pas encore produit les effets attendus« . Et si c’était précisément pour cela que les citoyen.ne.s finissent pas bouder les réunions institutionnelles: ils ne voient pas (ou peu) de résultats sur leur quotidien !

Or la salle était bien garnie, hier soir à Beaubreuil pour parler de l’avenir du quartier à l’initiative d’habitantes du quartier. Point de tribune. Point de chefs, sous-chefs ou autres: seulement des citoyen.ne.s, dont certains exercent des fonctions d’élu.es, municipaux et/ou départementaux, notamment Mme Mauguien-Sicard, maire-adjointe à la politique de la Ville qui représentait le maire, et Mr Amrouche, conseiller municipal délégué. Un universitaire aussi, Mr Choukri Ben Ayed, Professeur de sociologie à l’Université de Limoge, qui a remis utilement en perspective le débat..

La préfecture, invitée, n’a pas daigné répondre. Comprenne qui pourra ! Dans le même temps, elle pousse à la création de Conseils citoyens « pour faire une place centrale aux habitants et usagers ou acteurs non institutionnels des quartiers » (Contrat de Ville p. 5). Sans doute, déplorera-t-elle sous peu la faible mobilisation des habitants des quartiers ! Quant à l’Agglo, curieusement absente, elle n’aurait semble-t-il pas reçu l’invitation…

Elles forcent l’admiration, Céline, Catherine et les autres, qui ont décidé cet été de réagir contre la fermeture de la piscine puis de continuer, constatant peu à peu combien cette affaire de piscine condensait les problèmes du quartier: activités pour les jeunes, questions scolaires et éducatives, transports, services publics, commerces, démocratie… A partir de la piscine, tout suit comme une pelote qu’on déroulerait !

Et du mérite elles en ont eu. Quand leur est venue l’idée de ce débat, une question s’est immédiatement posée: où ? Dans une salle municipale, bien sûr. Mais de salle libre et gratuite, sur le quartier, il n’y eut point. Dorénavant à Limoges il faut payer, souvent et beaucoup pour pouvoir réserver une salle. Combien ? 100 € la soirée pour un citoyen lambda. Trop cher, évidemment. Il aurait fallu passer par une association déclarée en préfecture, fournir les statuts,… pour bénéficier du tarif  de 14€. Impossible. Elles ont sollicité mon aide; j’ai réservé la salle au nom de mon groupe d’élus. Histoire révélatrice: la majorité municipale claironne pourtant qu’une nouvelle ère est arrivée, qu’elle va encourager la participation des citoyens…

Le débat fut nourri, souvent vif, avec une participation marquée de femmes, évoquant :

  • les activités périscolaires, désormais payantes et réduites à peau de chagrin sur le quartier du fait de leur décalage cette année d’une heure le soir;
  • la cantine devenue hors de prix dans bien des cas: le nouveau système de forfait pénalisant considérablement bien des familles: monoparentales -et elle sont nombreuses sur le quartier-,  ou aux horaires professionnels décalés,…
  • la fermeture du centre social B58, les menaces sur le bureau de poste, les fermetures de commerces de proximité,…
  • des activités devenues quasi inexistantes  pour les 15-25 ans
  • un réseau de transports publics collectifs notablement insuffisant, notamment pour toutes celles et ceux -et ils sont nombreux- qui n’ont pas de voiture
  • les moyens réduits pour le tissu associatif
  • la réduction d’activités des équipements publics avec l’exemple emblématique de la piscine,…

Où il est apparu progressivement que  la majorité municipale s’en remet aux associations du quartier en matière de politiques et d’actions sociales… alors même qu’elle a confié la présidence de la commission des associations aux élus FN !

Débat intégralement radiodiffusé sur Beaub’ FM 

Samedi 3 octobre  –  9 heures / 11 heures  (89 mgh).

Limoges : la cantine la plus chère de France ?

imagemenucantine.jpg_145x209Selon un reportage de France 3, la cantine à Limoges est une des plus chères de France. L’affaire n’est certes pas nouvelle mais le système aberrant de forfait met véritablement à genoux les parents aux revenus modestes, et/ou aux horaires professionnels flexibles et non choisis.

C’est le coup de grâce. Maintenant, les parents paieront même si l’enfant ne mange pas, ou achèteront le fameux ticket à 6 euros. C’est la double peine. La ville va préparer un repas qu’elle va jeter et les parents vont payer ce repas et payer un repas chez eux.

Lutter contre le gaspillage alimentaire est bien sûr nécessaire et l’ancien système était obsolète mais n’y avait-il pas un moyen plus souple de gérer cette tarification ? Pourquoi de grandes villes comme Bordeaux ou Toulouse proposent-elles des systèmes modernes et adaptés alors que Limoges balbutie avec des méthodes qui ne marchaient déjà pas il y a 20 ans…

Il faut revoir très vite ce système injuste qui s’apparente à un véritable racket auprès de certains parents d’élèves.

 

Load more