Peut-on VRAIMENT agir pour le climat en creusant les injustices ?

L’injustice est le principal carburant de la colère.  Être aveugle à cette réalité, c’est prendre de gros risques.

Dans toute sa complexité voir ses ambiguïtés, le mouvement des Gilets Jaunes porte aussi  au grand jour un débat de fond qui existe au sein même de ceux qui veulent VRAIMENT agir pour l’environnement.  Il y a ceux qui défendent la taxation du carburant avec des arguments qu’on pourrait entendre… s’ils ne faisaient pas totalement l’impasse sur les réalités de la vie quotidienne notamment des plus modestes, les profondes injustices environnementales et l’incohérence de politiques qui usent de l’environnement comme prétexte pour remplir les caisses de l’État, que par ailleurs ils vident méthodiquement avec la suppression de l’ISF, etc…  « Au lieu de pleurnicher sur le prix de l’essence, les Gilets Jaunes feraient mieux de s’occuper de l’état dans lequel on va, tous autant qu’on est, laisser le climat en héritage à nos enfants, à leurs enfants. Vive la taxe carbone ! »

N’est-ce pas un peu facile et méprisant pour ceux qui sont confrontés à de grosses difficultés de fin de mois que de laisser entendre qu’ils n’ont rien à faire de l’écologie et de l’avenir de leurs enfants ?  D’autant plus que tel n’est pas le cas. Nombre des Gilets Jaunes sont parfaitement avertis et soucieux des questions environnementales. 

En Limousin, nous sommes particulièrement bien au fait de ce manque d’alternative à la voiture. Le renouvellement de la convention TER entre la région Nouvelle-Aquitaine et la SNCF pourrait être l’occasion de chercher des solutions. Ce qui se dessine n’augure rien de tel. Alors que dans la région NA, 81,4% de la population active utilisent la voiture contre 77,9% au plan national, ce sont des fermeture des lignes de train desservant les territoire ruraux qui sont programmées…  Avec pour contrepartie de nouveaux basculements de trafic sur la route. Il n’y aurait pas d’argent pour moderniser le réseau ferré de proximité, mais on prétend  en trouver pour créer  de nouvelles voies routières rapides, véritables fabriques à émissions des GES, avec notamment leurs cortèges de camions… Et tout cela en prétendant lutter pour le climat. Mais qui peut y comprendre quelques chose ??? 

« Augmenter les taxes sur l’essence sans proposer d’alternative cohérente, c’est faire le lit du fascisme » prévient Matthieu Auzanneau dans un entretien à Reporterre qui mérite attention.  A la question :  » La taxe est-elle un outil efficace pour sortir de la dépendance aux voitures individuelles ?  » il répond: «  C’est un outil important, parmi d’autres, mais il ne peut pas se substituer à une stratégie et à un discours cohérent en matière de transition énergétique et de transports.… . »

N’hésitez pas à lire, à faire connaître… et pour celles et ceux qui le peuvent à aider Reporterre à vivre !

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