Nov 01

« Plan étudiant » du gouvernement: communiqué des député.e.s FI

La France, 6ème puissance économique mondiale, vient d’annoncer qu’elle n’est plus en mesure d’assurer l’accès au droit à l’enseignement supérieur pour tous les bacheliers.

L’État n’a pas su anticiper les effets du baby-boom des années 2000 sur l’université. Mais le gouvernement actuel, au lieu de faire face en annonçant un investissement budgétaire à la mesure des besoins, enfonce le pays dans un cycle de régression. La hausse de 1 milliard d’euros supplémentaires annoncée pour le quinquennat, soit 200 millions par an : c’est une plaisanterie pour répondre à l’arrivée des 200.000 étudiants sur les 5 prochaines années.

À la question d’un journaliste sur l’éventualité de construction de nouvelles universités, le Premier ministre a clairement esquivé, laissant augurer une amplification du problème des places. Pour éviter l’engorgement, la solution du gouvernement est claire : le tri sélectif des étudiants. C’est une grave rupture des fondations de notre système d’enseignement supérieur. Ce sont les catégories et les territoires les plus populaires qui en feront les frais. La rupture est donc celle de l’égalité.

La mise en place des avis des conseils de classe transmis aux universités et la fin de la priorité académique vont accroître la mise en concurrence des élèves et des établissements. La logique générale des mesures annoncées va concrètement pénaliser celles et ceux dont le bagage social et culturel de départ est le moins doté. La sélection pour les filières en tension comme les modules de « remise à niveau » seront de ce point de vue calamiteux.

A l’opposé, nous proposons de doubler le budget de l’enseignement supérieur et de créer une allocation autonomie pour les étudiants, sans condition de ressources. La construction de nouveaux sites d’enseignement supérieur et d’un service public unique d’orientation dans chaque lycée figurent parmi notre priorité. Évidemment cela suppose de mettre fin aux cadeaux aux plus riches et aux multinationales, de sortir de l’austérité budgétaire.

Une société qui progresse sur le terrain social, culturel et démocratique est une société qui investit dans l’élévation du niveau de formation de toute sa jeunesse. Par ailleurs, les modifications du travail impliquent un niveau de formation toujours plus élevé. Le nombre de jeunes qui accèdent au baccalauréat est croissant, et c’est heureux. Nous devons donc assurer leur insertion toujours plus massive dans l’enseignement supérieur.

C’est pourquoi nous condamnons l’orientation du gouvernement qui ne prend aucunement la mesure des conditions de vie des étudiants. Tant d’entre eux travaillent pour financer leurs études, vivent sous le seuil de pauvreté, prennent leurs cours sur les genoux et dans le froid faute de chauffage, subissent l’insalubrité des Cités U… Cette situation est inacceptable. Nous appelons la jeunesse à se mobiliser contre ces funestes annonces gouvernementales.

Paris le 30 octobre 2017

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