Migrants de Calais: pour la solidarité

CPLe groupe LTG condamne avec la plus grande fermeté les propos d’E.R. Lombertie opposé à l’accueil à Limoges de migrants de Calais.

Selon M. Le Maire, qui rappelons-le ne doit son élection qu’aux suffrages du FN, il ne s’agirait pas de « vrais réfugiés. Et pendant ce temps, les vrais réfugiés, qui fuient les guerres, n’ont pas un statut digne ». Quelle indécence ! Ces 40 hommes sont originaires du Soudan, pays ravagé par une guerre civile, d’Erythrée, pays surnommé « la Corée du Nord de l’Afrique », et d’Afghanistan, dont M. le Maire pense sans doute qu’il s’agit d’un pays paisible ! Que représentent 40 personnes dans une ville de plus de 100 000 habitants ? A l’heure où se joue une urgence humanitaire, il est normal que chaque collectivité prenne sa part du problème; c’est une action élémentaire de solidarité nationale. Nous saluons les maires de Peyrat le Château et Saint Léger la Montagne qui ont accepté, eux, de jouer cette solidarité.

Limoges le 19/10/2016

(7 commentaires)

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    • Thiébaut on 19 octobre 2016 at 12 h 31 min
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    Bravo LTG. Il faut faire la honte à Lombertie, est ce qu’il y a doc qui reprend ses propos ? Pour lui faire de la Pub…

    1. J’ai mis le lien à l’article du Popu qui fait référence aux propos du Maire de Limoges.

    • Thierry Pouzaud on 19 octobre 2016 at 13 h 39 min
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    Il me semble que le libellé « migrants » devrait être définitivement abandonné par tous au profit justement de « réfugiés », et en premier lieu au Parti de Gauche.
    Les médias et les partis politiques, à l’exception de quelques uns utilisent ce mot à dessein pour marquer les esprits et par rebond stigmatiser ces populations qui fuient les conflits.
    Des personnes obligés de fuir pour des raisons de sécurité, de survie, quelque soit la cause de départ, sont de mon point de vue forcément des réfugiés.
    Parlions-nous de migrants lors de l’exode pour fuir les bombardements de la 2eme guerre mondiale ?
    La migration, et donc l’immigration, n’est que la conséquence, le moyen, la « solution » de survie !
    « Migrants » est devenu un élément de langage qui détourne à dessein les opinions vers des objectifs loin de l’humanisme qui devrait prôner avant toute chose.

    1. Voilà une remarque très intéressante et stimulante ! Merci Thierry. J’avoue que je reste partagée et que je m’interroge encore beaucoup sur cette question de vocabulaire. Il est clair qu’en France, le terme « migrants » sous l’effet de l’activisme du FN, s’est progressivement chargé d’une connotation stigmatisante. Pour autant faut-il l’abandonner pour utiliser « réfugiés »? Il y a débat à ce sujet. Al-Jazira a annoncé le 20 août qu’il n’utiliserait plus que le mot «réfugié» dans le contexte méditerranéen alors que le Gardian s’interrogeait et ne semblait pas convaincu.

      En droit international,« réfugié » est le statut officiel d’une personne qui a obtenu l’asile d’un État tiers. Il est défini par une des conventions de Genève, signée en 1951 et ratifiée par 145 États membres des Nations Unies. Une demande d’asile est en principe individuelle. Est donc réfugiée une personne qui a demandé l’asile et est reconnue par un État comme ayant fui son pays en raison de menaces sérieuses pour sa vie. Le réfugié doit apporter à son État d’accueil la preuve de ces menaces. Et ce statut peut être «perdu» par exemple si la situation dans le pays change.

      Ca, c’est le point de vue juridique. Dans les faits, les milliers de personnes qui traversent la Méditerranée sont bien des « migrants »: ils se sont déplacés d’un pays à un autre. Parmi eux se trouvent un grand nombre de personnes « réfugiées », considérées comme telles par le HCR (notamment les Syriens) car ils sont effectivement dans l’obligation de se déplacer s’ils veulent sauver leur vie ou préserver leur liberté. D’autres, de nationalités diverses, quittent un pays pour chercher une vie meilleure en Europe; ils sont dits « migrants économiques » car ils sont considérés comme ayant fait le choix du déplacement.
      Malgré tout, considérant que la majorité des migrants traversant la Méditerranée « viennent de pays en guerre ou en proie à des violences et des persécutions (Syrie, Afghanistan, Irak, Erythrée) », le HCR, qualifie le mouvement actuel massif vers l’Europe de « crise de réfugiés ». Mais il continue d’utiliser les deux termes, réfugiés et migrants, pour décrire cette population dans son ensemble.
      L’utilisation des deux termes est également le parti de nombreuses ONG, telles Amnesty International, Human Rights Watch ou encore la Cimade en France. Celle-ci en particulier, qui fournit un accompagnement juridique aux migrants, tient à privilégier un vocabulaire précis: des demandeurs d’asile peuvent être déclarés réfugiés en cas de réponse positive. Le terme de “réfugié”, pris ici au sens du droit international, ne peut donc pas qualifier des personnes qui n’ont pas encore obtenu l’asile. Pour les ONG qui accompagnent concrètement ces personnes, la distinction rigoureuse entre ces 2 situations semble cruciale pour leur action.

        • Thierry Pouzaud on 19 octobre 2016 at 15 h 41 min
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        Tu as raison. Le statut de réfugié s’apparente à un demandeur d’asile « satisfait ».
        Cependant, toutes les personnes en fuite depuis leur pays, viennent en Europe pour se protéger et donc se réfugier. :-/
        C’est un peu jouer sur les mots (et les maux), mais je crois que la situation est trop grave pour en plaisanter.
        Pour satisfaire au juste milieu, on pourrait parler d’aspirant réfugiés, ou de migrants demandeurs d’asile.
        A nous de prendre le recul nécessaire pour faire le tri dans les informations et les intentions de chacun.
        Merci pour ta réponse précise.

        1. Oui, oui, c’est très compliqué. Le problème est dans cette confusion des termes entre le sens courant du mot « réfugiés » et son sens juridique. Il va de soi que personnellement je considère que tous ces gens sont des réfugiés. Et la véritable « entourloupe » d’ERL dans cette histoire, c’est que lui connaît très bien la distinction et surfe là-dessus !
          On pourrait aussi parler d’Albanais, de Kosovars ou autres… qui fuient leur pays dans lequel n’existe pas vraiment d’État de droit et où la justice s’opère très largement encore sur le mode ancestral de la vendetta familiale privée, qui plus est transmissible de générations en générations! (c’est le « Kanoun »). Ce sont pour le coup vraiment des réfugiés individuels: s’ils restent dans leur pays, des hommes, notamment de tout jeunes garçons, y sont sous le coup d’une très réelle et sérieuse menace de mort. (Il y a quelques années, on a connu à Marseille -donc en France, loin de l’Albanie- une exécution d’un « réfugié » albanais dans le cadre du Kanoun !) Mais juridiquement personne ne reconnaît cette situation, et les familles concernées sont toutes déboutées du droit d’asile ! Elles ne peuvent donc pas en droit être qualifiées de « réfugiés » alors que dans les faits elles le sont manifestement.
          Pour avoir suivi de très près de telles situations, j’ai pu mesurer combien les associations qui les aident se débattent dans des problèmes monstrueux. D’où ma prudence. Mais j’en conviens volontiers, ce n’est pas « top » !  

    • GLOMOT on 20 octobre 2016 at 2 h 30 min
    • Répondre

    Merci Danielle , pour votre combat , amitiés et fraternité. Patrick Glomot

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