A la Bastide: « on veut du boulot, du vrai boulot »

Sans titreLe jeudi matin, c’est jour de marché à La Bastide. Sous un grand soleil, nous y étions ce 30 novembre pour diffuser notre journal d’élu.e.s: très bon accueil de la population. Dès lors qu’on vient évoquer les problèmes d’emploi, de logement, de cantines, d’activités périscolaires devenues payantes, de tranquillité publique aussi plutôt que de politique politicienne, de pêche électoraliste aux voix et de coups de com sans lendemain, les citoyens montrent beaucoup d’intérêt.

Nous ne savions alors pas que l’après-midi même le Mr le Préfet serait sur place, pour une visite éclair. Et de déclarer devant les caméras que pour lutter contre la délinquance il faut « traiter les problèmes sociaux: problèmes d’emplois, problèmes de revenus, problèmes de logement…« . Pour un peu, on en oublierait qu’il est le représentant de l’État et de son gouvernement dont la politique de droite enfonce précisément dans les difficultés une part grandissante de la population, et les classes populaires en particulier. Comme si le dépeçage du Code du travail par le gouvernement Hollande-Valls-Macron allait lui permettre de transformer ses belles paroles en actes ! On dénombre aujourd’hui plus de 20 formes de contrats de travail dérogatoires au CDI. Si on veut avancer et simplifier le code du travail, alors supprimons les plus précaires de ces contrats. Car à la Bastide -comme à Beaubreuil, sur la ZUP, au Vigenal ou ailleurs…- c’est de boulot, dont on a besoin. De vrais boulots pour les jeunes en difficultés mais aussi pour les plus âgés à qui, passés 45 ans, on explique qu’ils n’ont plus aucune chance de décrocher un vrai job.

Vendredi matin, je suis revenue à la Bastide pour poursuivre le dialogue avec des habitantes du quartier. La visite du Préfet les a laissées indifférentes, tant elle est assimilée à une pure opération ponctuelle de communication. Mais ce reportage et surtout son commentaire final, lui, faisait parler car on a a assez  de la stigmatisation médiatique dans le quartier. « Comment ça, ils n’ont trouvé personne du quartier pour parler ? S’ils n’étaient pas venus à l’improviste, sans prévenir quiconque, pour une opération coup de poing, et s’ils avaient vraiment voulu des témoignages, ils auraient trouvé ! On leur en aurait parlé, nous, de petits jobs, de chômage et de fin de droits, de démolition des bâtiments sans relogement de tous,… » 

Mr le Préfet prône médiatiquement la « reprise du dialogue ». On en est bien loin. Il faudrait pour cela traiter vraiment les problème de fond et sortir du seul affichage médiatique !

 

Voir aussi : «  Visite des autorités dans le quartier de la Bastide: En deux mots: du boulot », L’Écho, 30 octobre 2015

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